Quel Cin'Emma !

19 mai 2017

Les Fantômes d’Ismaël

268297

De Arnaud Desplechin

Avec  Mathieu AmalricMarion CotillardCharlotte Gainsbourg

Bande Annonce

À la veille du tournage de son nouveau film, la vie d’un cinéaste est chamboulée par la réapparition d’un amour disparu…

What Else ?

Hum... Bien complexe tout cela...

Un peu trop pour moi !

596711A en juger par les réactions diverses et variées de mes camarades/ciné d'un soir, il est fort à parier que le film divisera, florilège de remarques entendues à la sortie :

- Nul ! 

- J'ai besoin de digérer le film -pas les frites à volonté du Bistro Régent- avant de donner mon opinion,

- pas désagréable, j'ai même bien aimé. C'est un film sur le "poids des autres",

- Bavard ! -ça c'est moi qui l'ai dit !-

12 heures de digestion plus tard, je maintiens mon "Bavard" et reste très partagée sur l'objet cinématographique obscur et embrouillé qui nous a été proposé. Serais je passée à côté ? 

598274Dans une interview, Arnaud Desplechin explique avoir réalisé un film comprenant cinq films"C’est le portrait d’Ivan, un diplomate qui traverse le monde sans n’y rien comprendre. C’est le portrait d’Ismaël, un réalisateur de film qui traverse sa vie sans n’y rien comprendre non plus. C’est le retour d’une femme, d’entre les morts. C’est aussi un film d’espionnage… Cinq films compressés en un seul, comme les nus féminins de Pollock. Ismaël est frénétique. Et le scénario est devenu frénétique avec lui ! Pourtant, Ismaël dans son grenier essaie de faire tenir ensemble les fils de la fiction…". 

A la lumière de ce qui vient d'être dit, il est maintenant évident qu'il me faudrait plusieurs visionnages pour assembler toutes les pièces du puzzle, m'approprier les personnages, décortiquer leurs relations complexes ou encore saisir toute la subtilité des dialogues. Alors, même si je reconnais au film des qualités techniques manifestes : un montage virtuose, une lumière travaillée, un cadrage  original, je passe mon tour  !

Si vous aimez Charlotte, Marion, Mathieu ou encore Louis, leur simple présence au casting vous suffira pour passer un bon moment,

Si vous hésitez toujours, n'oubliez votre décodeur pour apprécier à sa juste valeur, ces mystérieux fantômes !

Posté par rose la foudre à 12:02 - Commentaires [0] - Permalien [#]


12 mai 2017

Jonction 48

094399

De Udi Aloni

Avec   Tamer NafarSamar QuptySalwa Nakkara

Bande Annonce

Dans la petite ville de Lyd à 20 minutes de Tel Aviv, Kareem, rappeur palestinien, mène une vie faite de petits boulots et de virées entre potes. Lui et son amie Manar doivent lutter pour s’aimer et s’exprimer par leur musique, que ce soit dans leur ghetto rongé par la criminalité ou sur la scène hip-hop de Tel-Aviv…

What Else ?

Vent de Rap sur Gaza

 Coup de coeur <3

092820Encore un coup de coeur ? pensez vous donc 

Mais c'est pas ma faute à moi si j'enchaine d'excellents films ; la faute en revient à l'American Cosmograph avec une programmation éclectique, enrichissante et instructive à mille lieux de celle pratiquée par les multiplexes toulousains.

Encore un film sur Gaza ! soupirez vous peut-être...

Mais c'est pas ma faute à moi si l'actualité cinématographique du moment fait la part belle aux réalisations provenant du moyen orient (à voir sur nos écrans prochainement, "le chanteur de gaza").

Pour information -et déterminant pour la compréhension du bisbille israelo-palestinien-, la ville israélienne de Lod était autrefois, la cité palestinienne de Lyd. En 1948, les Palestiniens ont dû laisser place aux Israéliens ; encore aujourd'hui, la ville est mixte de ces deux populations. Les citoyens palestiniens d’Israël sont souvent désignés comme "Palestiniens de 48", d'où le titre du film.

Jonction 48 : Photo Samar Qupty, Tamer NafarDe la même veine que l'enthousiasmant "Je danserai si je veux", Jonction 48 reprend les mêmes thèmes clivants -rivalité entre arabes et juifs, traditions ancestrales aliénantes-, mix les trajectoires des habitants de Lod, dénonce les injustices et fait acte de résistance.

Par des textes engagés, réalistes et lucides, Tamer Nafar -Kayne West n'à qu'à bien se tenir- nous éclaire sur une génération méprisée par certains, abandonnée de tous. Une réplique du film résume à elle seule toute la problématique de la jeunesse palestinienne : "Les juifs ou ta famille, même combat !".

Si vous en avez l'occasion, allez rapper avec ces jeunes qui feront la Palestine de demain. Mais attention, on ne sort pas de la salle sans un petit pincement au coeur...     

Posté par rose la foudre à 13:03 - Commentaires [0] - Permalien [#]

02 mai 2017

Aurore

Aurore affiche

De Blandine Lenoir

Avec  Agnès JaouiThibault de MontalembertPascale Arbillot

Bande Annonce

Aurore est séparée, elle vient de perdre son emploi et apprend qu’elle va être grand-mère. La société la pousse doucement vers la sortie, mais quand Aurore retrouve par hasard son amour de jeunesse, elle entre en résistance, refusant la casse à laquelle elle semble être destinée. Et si c’était maintenant qu’une nouvelle vie pouvait commencer ?

What Else ?

A l'American Cosmograph, il valait mieux ne pas être en retard mercredi dernier, pour la sortie nationale d'Aurore. Vingt minutes d'attente sur le trottoir et quelques gouttes de pluie plus tard, une ouvreuse me dégota deux fauteuils au deuxième rang sur le côté gauche de l'écran -l'équivalent des virages dans un stade de foot...-. Mais peu importe le placement, l'essentiel était ailleurs, dans l'impatience et l'exaltation de retrouver la grande Agnès Jaoui dans un rôle principal.

J'aime Jaoui !

Les 4 et mille et une raisons de mon admiration  :

336598- Une rare pertinence dans le travail d'écriture (scénariste entre autres de Cuisine et dépendances, Un air de famille, On connaît la chanson, Le goût des autres...), 

 

- Un incroyable tandem d'observation et de création avec J-P. Bacri,

- Une liberté artistique et un parcours professionnel hors norme (ciné - chant - théatre - pause),

- Une liberté de ton et un engagement politique fort sur plusieurs sujets de société (intermittents du spectacle, étrangers en situation irrégulière...).

Mais, pourquoi aller voir Aurore ?

Parce qu'il y a Jaoui, pardi ! Mais pas que...

Si dans L'avenir -film intello de Mia Hansen-Løve (Cf critique du 13/04/16)-, la quinquagénaire que jouait Isabelle Huppert se réjouissait -en apparenced'une soudaine liberté retrouvée, après le départ de ses grands enfants, de son mari pour une femme plus jeune et de sa mère pour un monde meilleur.

333785Pour Aurore, les mêmes causes (départ des enfants, divorce, chômage) ne produiront pas forcément les mêmes effets. Même si l'on ressent ses doutes, ses moments de solitude, son sentiment d'être invisible aux yeux de la société (même les portes automatiques coulissantes s'en mêlent), Aurore ne va pas abdiquer. Elle a 50 ans, et alors ? Elle existe, elle vit et ne va pas s'excuser d'être là.

Pendant une heure trente, Agnès Jaoui -lumineuse- va donner vie à Aurore. Avec naturel, quelques rondeurs assumées, elle enfile le costume la jupe de cette femme simple et généreuse qui cherche à donner un nouveau sens à sa vie et nous renvoie à notre propre histoire.

Aurore, c'est une histoire,

Mais c'est aussi un peu la vôtre si vous avez passé la barre des 50 ans... 

“L'aurore ressemble à un regard d'une tendresse infinie.” Nicole Oude

 

Posté par rose la foudre à 17:04 - Commentaires [0] - Permalien [#]

21 avril 2017

Je danserai si je veux

377281

De Maysaloun Hamoud

Bande Annonce

Layla, Salma et Nour, 3 jeunes femmes palestiniennes, partagent un appartement à Tel Aviv, loin du carcan de leurs villes d'origine et à l'abri des regards réprobateurs. Mais le chemin vers la liberté est jalonné d'épreuves…

What else ?

banque-d-images-cliparts-gratuites-et-libres-de-droits9-1560x1562                                                      Film Coup de Coeur

                                Film Coup de Poing

                Film Politique

Film Féministe

           Film Courageux qui a permis à Maysaloun Hamoud -réalisatrice palestinienne- de récolter de nombreux prix dans divers festivals (Toronto - San Sébastien - Zagreb - Haïfa) mais aussi une reconnaissance par les fondamentalistes dont elle se serait volontiers passée, à savoir une fatwa la condamnant à mort.

Cela fait maintenant une quinzaine de jours que j'ai découvert ce film, enthousiasmant à souhait, engagé, audacieux, prenant fait et cause pour les femmes palestiniennes. Mais, comme à chaque fois qu'un film me touche, je sèche sur ma critique... Comment parvenir à faire ressentir avec mes simples mots, l'émotion et la force véhiculées par Layla, Salma et Nour ? Trois palestiniennes que tout oppose (une avocate indépendante, une serveuse DJ et une jeune étudiante, religieuse et respectueuse des traditions) mais qui font preuve d'une rare bienveillance les unes envers les autres dans une société conformiste, prête à juger les impétueuses au moindre faux pas....  

177548

Si le film ne surprendra pas le spectateur par sa réalisation somme toute classique, il frappera les esprits par le courage de son propos et nous happera par son énergie communicative, sa musique endiablée et son rythme soutenu. 

Le sentiment qui m'a animé au moment du générique final, c'est d'avoir eu le privilège d'être invitée à partager le quotidien tumultueux de la jeunesse de Tel Aviv et toucher du doigt le long et douloureux chemin qu'il reste à parcourir à ces femmes resistantes (n'ayons pas peur des mots) pour s'émanciper du joug patriarcal.

Si vous ne savez pas quoi faire ce week-end, accordez une danse à Layla, Salma et Nour... Vous ne le regretterez pas !

Posté par rose la foudre à 11:54 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Sous le même toit

 

401138

De Dominique Farrugia

Bande Annonce

Delphine et Yvan divorcent. Alors que sa situation financière ne lui permet pas de retrouver un domicile, Yvan se rappelle qu'il détient 20% de la maison de son ex-femme. Il revient alors vivre chez Delphine, dans ses 20%. Les deux ex vont découvrir les joies de la colocation forcée...

What else ?

Insipide

Creux

Vide

Affligeant

Pathétique

Consternant

Nullissime

Calamiteux

Effroyable

Alarmant

Lamentable

Inutile

Vain

Inconsistant

Bête

Détestable

Mauvais

Foutage de gueule

 

Un film qui se passe de commentaire,

et de spectateur...

Posté par rose la foudre à 11:23 - Commentaires [3] - Permalien [#]


14 avril 2017

Pris de court

115322

 

 

 

 

 

 

 

 

De Emmanuelle Cuau

Bande Annonce

Nathalie est joaillière et vient de s’installer à Paris pour un nouveau travail et une nouvelle vie avec ses deux fils. Mais la direction de la bijouterie change soudainement d’avis et lui annonce que le poste ne sera pas pour elle. Nathalie veut protéger ses enfants et décide de ne rien leur dire. De ce mensonge vont naître d’autres mensonges de part et d’autre. L’engrenage commence…

What else ?

"Film intéressant mais qui sert un peu à rien..."

                                      dixit ma fille de 12 ans !

074891En quelques mots, ma fille venait de dire tout haut ce que je pensais tout bas à la sortie du ciné :

- Je ne m'étais pas vraiment ennuyée - mais pas extasiée non plus -,

- J'avais ressenti l'atmosphère si particulière de Paris sans bouger de ma province,

- Virginie Efira, notre Jenni­fer Lawrence à nous, avait été remarquable, dans la lignée de son précédent film "Victoria".

Qu'est ce qui avait bien pu clocher ?

258446Bon sang... mais c'est l'intrigue bien sûr  !

Si Pris de court se définit comme un thriller familial, il manque cruellement de vraisemblance -je pense notamment à la chute finale-, de chair, d'âme pour marquer notre esprit à tout jamais. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le scénario ne nous aura jamais pris au dépourvu, ni provoqué la moindre once d'émotion. C'est d'autant plus regrettable que sur le papier, l'histoire avait l'air alléchante ; à savoir une mère prête à tout pour sortir son enfant d'un mauvais pas....

Pour faire court : On passe son Chemin

Pour faire long : On passe son Chemin et on milite pour que Virginie Efira joue un jour dans un film autre que celui de la mère courage (Victoria, Une famille à louer, A la maison pour Noël...) ou de la femme séduisante à la recherche de l'âme soeur (20 ans d'écart, Un homme à la hauteur, La chance de ma vie, L'amour c'est mieux à deux...) !

- Pour que Virginie Efira obtienne un rôle à la hauteur de son talent : Tapez 1

- Pour que Virginie Efira poursuive son petit bonhomme de chemin : Tapez 2

Posté par rose la foudre à 15:08 - Commentaires [1] - Permalien [#]

11 avril 2017

Orpheline

219700

De Arnaud des Pallières

Bande Annonce

Portrait d’une femme à quatre âges de sa vie. Petite fille de la campagne, prise dans une tragique partie de cache-cache. Adolescente ballottée de fugue en fugue, d’homme en homme, puisque tout vaut mieux que le triste foyer familial. Jeune provinciale qui monte à Paris et frôle la catastrophe. Femme accomplie enfin, qui se croyait à l’abri de son passé. Quatre actrices différentes incarnent une seule et même héroïne.

What Else ?

Orpheline ?

Un film à part,

Un bijou à l'état brut,

Une expérience cinématographique intense !

Mais il ne suffit pas de décréter que tel ou tel film est époustouflant pour vous convaincre de courir le voir, il faut aussi vous expliquer le pourquoi du comment.

A vos marques, prêt, lisez les 3 bonnes raisons qui rendent ce film incontournable :

1- Film-puzzle

201991La genèse du projet est à recherchée dans l'enfance et la jeunesse de Christelle Berthevas, co-scénariste du film, qui s'est frayée un chemin à travers la violence de la vie. Comme l'indique le réalisateur Arnaud des Pallières, "elle me l'avait racontée par morceaux (son passé), comme on raconte un peu de sa vie à certaines occasions".

Concrètement, cela va se traduire par un film qui joue à cache cache avec le spectateur, remonte le cours du temps au fur et à mesure que l'héroïne plonge dans son passé de jeune femme instable, d'adolescente battue, de petite fille confrontée à l'insoutenable.

2 - 5 actrices étourdissantes

111638Comme dans Moonlight (Cf critique du 10 février),  Arnaud des Pallières réussit le tour de force à faire endosser à 4 actrices un morceau du puzzle ; de la très énigmatique Adèle Haenel, à l’étourdissante enfant qu’est Vega Cuzytek, en passant par Adèle Exarchopoulos et Solène Rigot, toutes deux bouleversantes dans l’adolescence.

Ces actrices, chacune à leur façon, crèvent l'écran et l'illuminent avec le même rouge à lèvre intense et le regard sombre souligné de Rimmel.

Je n'oublierai pas de citer la phénoménale et sensuelle Gemma Arterton en pièce rapportée

3 - Une réalisation audacieuse

202304"J’ai emprunté à Bresson l’idée de ne travailler qu’avec une seule focale. Ce qui m’a conduit à cette écriture très particulière, autour des visages et de certains détails, quasiment sans plan large ; à ce rapport très frontal au personnage et à ce qu’il vit."

Je confirme ! Avec ses gros plans sur les visages, son cadrage serré, son grain brut qui ne cache aucun défaut de peau ou de maquillage, on fait corps-à-corps avec notre héroïne. 

Si vous avez suivi mon conseil cinéphile du jour, alors peut-être aurez vous entendu le message d'espoir qui est murmuré à notre oreille...

"la résilience, c'est l'art de naviguer dans les torrents" Boris Cyrulnik

Posté par rose la foudre à 22:54 - Commentaires [0] - Permalien [#]

07 avril 2017

L'autre côté de l'espoir

409507

De Aki Kaurismäki

Synopsis

Helsinki. Deux destins qui se croisent. Wikhström, la cinquantaine, décide de changer de vie en quittant sa femme alcoolique et son travail de représentant de commerce pour ouvrir un restaurant. Khaled est quant à lui un jeune réfugié syrien, échoué dans la capitale par accident. Il voit sa demande d’asile rejetée mais décide de rester malgré tout. Un soir, Wikhström le trouve dans la cour de son restaurant. Touché par le jeune homme, il décide de le prendre sous son aile.

What else ?

Doit on accueillir les réfugiés syriens - et d'ailleurs - sur notre sol ?

205342A cette grande question qui secoue l'Europe actuellement, Aki Kaurismäki ne doute pas de la réponse à donner et nous livre un film minimaliste, engagé et nécessaire"Avec ce film, je tente de mon mieux de briser le point de vue européen sur les réfugiés considérés tantôt comme des victimes objets de notre apitoiement, tantôt comme des réfugiés économiques qui avec insolence veulent prendre notre travail, nos femmes, nos logements et nos voitures. La création et le développement de nos préjugés en stéréotypes ont une sombre résonance dans l’histoire de l’Europe. L’autre côté de l'espoir est, je l’avoue volontiers, un film qui tend dans une certaine mesure et sans scrupules à influer sur l’opinion du spectateur et essaie de manipuler ses sentiments pour y parvenir".

Intéressant sur le fond -même s'il prêche une convaincue-

mais

Déconcertant et peu enthousiasmant sur la forme

Malheureusement, un grand sujet ne fait pas forcément un grand film. Si je ne me suis pas ennuyée pendant cette heure trente huit que dure la projection, je n'ai pas non plus été transportée. La faute à une mise en scène décalée façon sitcom -sans les rires enregistrés en fond sonore ;-)-, une ambiance surannée et une presque absence de dialogue

270401Évidemment, je ne doute pas qu'il s'agit là d'un choix délibéré de réalisation -et compte tenu du nombre incalculable de prix remportés lors de la dernière Berlinade, l'histoire donne raison au réalisateur finlandais- mais cet univers est beaucoup trop hermétique pour moi. 

Je retiendrai tout de même :

- l'humour pince sans rire qui règne tout au long du film,

- les coupures musicales distrayantes et bienvenues,

- un message humaniste qui mérite d'être relayé dans tous les cinémas de France et de Navarre.

Posté par rose la foudre à 12:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]

28 mars 2017

Fences

245110

De Denzel Washington

Bande Annonce

L'histoire bouleversante d’une famille où chacun lutte pour exister et être fidèle à ses rêves, dans une Amérique en pleine évolution. Troy Maxson aspirait à devenir sportif professionnel mais il a dû renoncer et se résigner à devenir employé municipal pour faire vivre sa femme et son fils. Son rêve déchu continue à le ronger de l’intérieur et l’équilibre fragile de sa famille va être mis en péril par un choix lourd de conséquences…

What else ?

370253Avant toute chose, il faut savoir que Fences est tiré de la pièce de théâtre du même nom écrite en 1983 par August Wilson et récompensée du Prix Pullitzer en 1987 (en d'autres termes : du bondu lourd !). Mais si vous voulez mon avis, une pièce de théâtre est faite pour être jouée dans un théâtre, comme un film dans un cinéma et un match de foot dans un stade grouillant de supporters !

Parce que, je ne saurai dire précisément si c'était mon état de fatigue avancé, l'heure tardive de la projection, les tirades interminables de Denzel Washington, ou la durée XXL du film (2h20), mais malheureusement, j'ai eu quelques coupures son et image... Difficile dans ces conditions extrêmes de faire une critique objective et détaillée.

368690Je retiendrai seulement :

- que Viola Davis délivre une performance admirable en femme blessée,

- que Denzel Washington peut vite devenir fatiguant quand il surjoue,

- que l'on peut passer son chemin et espérer des lendemains films plus inspirés de la part d'un si grand acteur. 

Posté par rose la foudre à 11:30 - Commentaires [1] - Permalien [#]

24 mars 2017

Grave

538324

De Julia Ducournau

Bande Annonce

Interdit aux moins de 16 ans

Dans la famille de Justine tout le monde est vétérinaire et végétarien. À 16 ans, elle est une adolescente surdouée sur le point d’intégrer l’école véto où sa sœur aînée est également élève. Mais, à peine installés, le bizutage commence pour les premières années. On force Justine à manger de la viande crue. C’est la première fois de sa vie. Les conséquences ne se font pas attendre. Justine découvre sa vraie nature.

What else ?

"Oh... elle est grave de chez grave d'être allée voir un film sur le cannibalisme !"

399223J'entends d'ici vos réactions à la lecture du synopsis ou à la découverte de la bande annonce...  Pas de panique ou de réaction excessive, ce film valait vraiment la peine d'être dévoré tout cru. Mais, commençons par un peu d'étymologie pour démarrer cette critique saignante...

Définition GRAVE : 1- Qui peut avoir des conséquences fâcheuses, qui peut entraîner des suites dangereuses. 2- Qui manifeste un grand sérieux, beaucoup de retenue, de solennité : Une attitude grave. 3- Familier. Stupide, nul : Elle est grave.

097995Pour la réalisatrice, l'adjectif grave a été employé au sens physique du terme (gravité) : quelque chose qui nous tombe dessus, nous cloue au sol, un poids que l’on porte tous. Pour Justine, notre héroïne du jour, la croix à porter sera la découverte de sa véritable identité alimentaire, à des années lumières de l'éducation végétarienne prônée par ses parents.

Mais, et c'est là toute l'attractivité du film, la réalisatrice ne se contente pas de filmer l'appétit de Justine pour l'hémoglobine, elle dissèque les liens du sang (l'amour familial), cuisine l'aberration du bizutage, fait mijoter l'apprentissage d'une identité et d'une sexualité, mitonne les travers de porc de notre société.

098308Vous l'aurez compris, ce film métaphorique est beaucoup plus fin et tendre qu'il n'y parait. Par son atmosphère insoutenable, ses lumières froides, sa mise en scène millimétrée et sa musique détonante, ce film m'a scotchée à mon fauteuil !

Moi, je reprendrai bien une part de ce filet mignon cuisiné aux petits oignons tous les lundis... Mais vous, tenterez vous l'expérience ?

Posté par rose la foudre à 11:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]